Cycle en Terre

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Chriscal
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Cycle en Terre

Messagepar Chriscal » 31 déc. 2018 10:31

Extrait du journal "Le Soir" du 31/12/18 :

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Une jeune pousse récompensée pour sa production de semences libres
MARAÎCHAGE
Un premier pas indispensable vers l’autonomie alimentaire
LÆTITIA THEUNIS

Pour produire des semences, il faut tout d’abord faire grandir le légume. Au lieu de le manger, on le laisse en terre afin qu’il monte en fleurs, puis en fruits contenant des graines, que l’on récolte à la main.

La coopérative Cycle en Terre produit et commercialise des semences libres et biologiques de légumes. Elle a gagné le Prix wallon de l’économie sociale dans la catégorie «entreprise débutante ».

Redonner vie au premier maillon de la chaîne légumière, c’est-à-dire à la semence. Voilà le but poursuivi par Cycle en Terre. Cette coopérative est la lauréate wallonne du Prix de l’économie sociale en catégorie « entreprise débutante ». Au diable les infertiles hybrides F1 écoulés par les multinationales, place à des variétés de semences reproductibles à l’infini en vue de développer l’autonomie alimentaire sur notre territoire.
À 18 ans, Fanny Lebrun entame un voyage en Tasmanie. Elle rencontre Peter, un partisan de la vie autarcique, et l’idée de Cycle en Terre germe dans sa tête. Quelques années plus tard et un diplôme d’ingénieure agronome en poche, elle met les mains dans la terre pour tester son projet. Il s’agit de reproduire en bio et de commercialiser des anciennes variétés de légumes dites « fixées » (c’est-à-dire issues de la sélection opérée par nos ancêtres au fil du temps) et à pollinisation ouverte. Autrement dit : quiconque achète ses semences peut les reproduire naturellement. C’est la base pour se défaire de la dépendance à l’agro-industrie. Et pour, dans le même temps, retrouver des saveurs d’antan oubliées par l’homogénéisation de la mondialisation alimentaire.

Monter en graine

Produire des semences, cela prend du temps. Le même procédé est appliqué à tous les légumes, des salades aux carottes. Il faut tout d’abord faire grandir le légume. Mais au lieu de le manger, on le laisse en terre afin qu’il monte en fleurs, puis en fruits contenant des graines. Les plus beaux légumes sont sélectionnés, par exemple des carottes non fourchues ou tordues, pour en collecter les graines. Après la récolte, vient le battage, c’est-à-dire l’acte de détacher les graines de la paille, le nettoyage des graines et enfin l’ensachage.
Durant l’hiver 2016, près de 100 bénévoles se sont retroussé les manches durant deux mois pour préparer et ensacher les semences de Cycle en Terre. Depuis, une ensacheuse mécanique a été achetée. Si elle est une précieuse aide, la main humaine n’est pas près d’être totalement supplantée. Pour des semences de formes originales ou pour les petits conditionnements, les bénévoles demeurent indispensables. En décembre 2018, une quarantaine a prêté main-forte durant 8 jours, à raison de 5 bénévoles par jour. Près de 90.000 sachets sont sortis de l’atelier. Soit deux fois plus que deux ans auparavant !

La fulgurante aventure de Cycle en Terre a débuté il y a 5 ans sur un lopin de 25 ares prêtés durant 2 années par le GAL Pays des Condruses. Fanny Lebrun était alors seule pour tester la culture d’une soixantaine de variétés de légumes, d’aromates et de fleurs sauvages afin d’en collecter leurs graines. Un travail harassant. Un an plus tard, convaincue qu’il lui fallait travailler en réseau, elle a invité des maraîchers à rejoindre son projet en laissant certains de leurs légumes monter en fleurs puis en graines. « On a été 30 dans un réseau d’échange de semences entièrement gratuit. Mais ce n’était pas assez professionnel pour durer dans le temps. C’est pourquoi on passe désormais contrat avec des maraîchers, leur permettant de gagner leur vie tout en produisant des semences. Actuellement, on a trois multiplicateurs fins connaisseurs de leurs cultures. On aimerait qu’ils soient plus nombreux dans les prochaines années.

Pour obtenir des semences de qualité, il y a des règles à respecter. Sachant que les courges ont fortement tendance à s’hybrider entre elles, il faut les isoler géographiquement. Au minimum, un kilomètre doit séparer deux variétés différentes. Une même distance est requise pour des graines variétales de carottes de qualité. Cela exige un grand espace que beaucoup de maraîchers n’ont pas. « C’est pourquoi il est intéressant qu’on soit plusieurs cultivateurs afin que chacun reproduise une seule variété. »

194 variétés de semences proposées à la vente

Cette année, Cycle en terre propose 194 variétés de semences à la vente, dont la moitié (88 variétés) a été cultivée sur l’hectare de terrain de la coopérative ou par ses maraîchers belges partenaires. L’autre moitié provient de Suisse et des Pays-Bas. Les particuliers peuvent les acquérir dans une centaine de magasins bios et de jardineries ainsi qu’en ligne. Par ailleurs, cette année, Cycle en Terre propose pour la première fois un catalogue aux maraîchers bios avec des plus gros conditionnements. Preuve d’une production semencière « adaptée à la production biologique et à nos conditions locales » qui va grandissant.

Actuellement, les cinq employés et le stagiaire, tous en temps plein, constituant le noyau dur de Cycle en Terre, travaillent dans une maison à Havelange. Soit à environ 5 km des cultures. « Cette distance provoque une division de l’équipe de travail, c’est un peu dommage, il y a moins de communication. De plus, avec les machines de tri de semences qui font de la poussière et les bureaux juste à côté, la maison n’est pas du tout adaptée à l’activité. C’est pourquoi on aimerait construire un bâtiment à côté des cultures. » Pour financer celui-ci, un appel public à l’épargne a été lancé. Les plans devraient être finalisés avec l’architecte durant le printemps. Si Cycle en Terre obtient les subsides demandés auprès du relais agricole, il manquera environ 100.000 euros. Cette somme, la coopérative – qui compte déjà 80 coopérateurs – espère la réunir via des parts à 150 euros/pièce. De quoi accélérer davantage l’autonomie alimentaire de notre région.


La carotte n’a pas toujours été orange

Dans les terrains en friche, la carotte sauvage abonde. La pensée d’une potée aux carottes vous fait saliver ? Mieux vaut laisser votre élan culinaire pour mort-né. En effet, la racine fibreuse de la carotte sauvage belge n’est qu’un lointain parent de celle tendre et sucrée, mise en valeur sur les étals. « Les sources historiques et les analyses génétiques laissent penser que les carottes initialement cultivées en Europe de l’Ouest, à chair plutôt jaune et éventuellement colorée par des anthocyanines pourpres, proviendraient d’espèces sauvages originaires du Moyen-Orient » , explique Laurent Minet, chercheur au sein du Centre technique horticole de Gembloux et producteur de semences pour Cycle en Terre, notamment de carottes Yellow Belgium.

Depuis quelques années, un panel de couleurs allant du jaune au pourpre égaie les assiettes habituées à la traditionnelle carotte orange. « Progressivement, les races cultivées dans nos régions auraient perdu toute coloration pourpre. Ce n’est qu’au XVII e siècle que les Néerlandais ont sélectionné des plantes à chair de plus en plus jaune foncé jusqu’à rapidement aboutir aux premières races de carottes orange telles que nous les connaissons actuellement , poursuit-il. Le type à chair pourpre s’est quant à lui imposé dans son berceau d’origine, en Orient, et ce n’est que très récemment que des croisements entre les types pourpres, jaunes et oranges ont permis d’obtenir une très large gamme de coloration, en ce compris des carottes bicolores ! »

https://cycle-en-terre.be
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Espiets
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Re: Cycle en Terre

Messagepar Espiets » 31 déc. 2018 10:46

Merci pour le partage voilà une excellente documentation :ola::wthlove:
Béatrice
Puissiez vous récolter au centuple ce que vous avez semé .
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